En tournant cette page de l’année 2005, je suis moi-même étonné de l’ampleur du phénomène Saint-Georges. De partout sont parvenus des échos sur la reconnaissance du personnage.
C’est incontestablement CUBA qui remporte la palme de la redécouverte de Saint-Georges. En organisant cette semaine Saint-Georges à la HAVANE l’Ambassade de France et l’Association Guadeloupe Cuba Perle des Antilles, auront fait dans le grandiose.
Des états unis nous sont venus les échos de la thèse de Bernard ZINCK.
A coté de ces grands évènements, d’autres manifestations de moindre ampleur, mais dans lesquelles se traduisent des sentiments unanimes de curiosité et d’admiration. La Guadeloupe n’a pas été en reste, puisque la publication d’un ouvrage illustré destiné aux enfants remporte actuellement un vif succès auprès des jeunes lecteurs
L’Année 2006, s’annonce elle aussi très belle avec des annonces prometteuses. Nous y reviendrons en temps et en heure.
Jean-Claude HALLEY
Un Spectacle consacré au Chevalier de Saint-Georges et sous titré « La Table de Marbre » a fait salle comble les 10 et 11 mai 2007 à la salle de la Maison des Jeunes et de la Culture de Vichy.
Près de 150 exécutants venus de plusieurs établissements de France et d’Outre-mer ont offert au public un spectacle mêlant théâtre, musique, escrime et ballet à l’occasion de la Commémoration Nationale de l’Abolition de l’Esclavage.
La vie de Joseph Bologne Chevalier de Saint-Georges a été le prétexte de cette manifestation qui couronnait une année entière de pédagogie participative, artistique et citoyenne : Lettres, Théâtre, Histoire et Géographie, Anglais, Musique, Chant Choral, Education Physique et sportive, Technologie… pas une matière scolaire qui n’ait échappé à ces actions pluridisciplinaires et transversales intégrant souvent plusieurs établissements scolaires.
Le sous-titre de ce spectacle « La Table de Marbre » illustre bien tout l’intérêt de ces jeunes pour cette seconde partie du XVIIIème siècle dit des lumières et qui vit s’éveiller les luttes pour l’abolition de la traite des nègres. La « Table de Marbre » était alors le passage obligé de tous les hommes et de toutes les femmes de couleur vivant en métropole ; un décret du Roi de France les obligeait à s’enregistrer.
Le beau spectacle était la conjugaison heureuse des efforts de plusieurs établissements scolaires :
· Le Collège du Baillif en Guadeloupe dont la délégation était pilotée par le Chef d’édilité de la commune de naissance du Chevalier. Venus de la lointaine Guadeloupe, les jeunes Baillifiens ne voulaient, sous aucun prétexte, rater cette occasion d’échanger et de présenter les trésors précieux de cette commune de la côte sous le vent.
· Le Collège Victor HUGO de Saint-Yorre d’où a germé l’initiative de ce projet. Catherine PIZON, la Principale, raconte qu’il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour convaincre et motiver ses enseignants et encore moins de temps pour susciter l’enthousiasme des élèves.
· L’Ecole municipale de Musique de Saint-Yorre allait faire œuvre originale en transcrivant la musique de Saint-Georges pour mieux permettre son interprétation par de jeunes virtuoses.
·
Le Collège François VILLON d’Yzeure qui s’associait spontanément au mouvement et dont la CHAM (classe à horaire aménagé en musique) proposait un Chœur qui interpréta à merveille les difficiles romances de Saint-Georges.
Mais des compliments sont dûs aussi à bien d’autres : par exemple le Chef d’édilité de Saint-Yorre qui aura toujours soutenu ce projet, Daniel MARCIANO pour avoir si généreusement proposé ses écrits pour l’élaboration de la pièce de théâtre et ses recherches pour la mise en scène des séquences d’escrime, l’Association des Amis de Joseph Bologne toute heureuse de voir éclore un tel projet à partir d’un ouvrage destiné aux enfants et consacré au Chevalier, et tant d’autres sensibilisés à cette approche d’une culture humaniste pour un libre exercice de la citoyenneté.
Et maintenant place au spectacle. Dans chacune des scènes proposées par Géraldine CORDIN, les acteurs ont su faire passer les sentiments les plus forts… et de quelle manière ! Le public réagissait tour à tour à la découverte des épisodes de la vie de Saint-Georges mais aussi au talent des jeunes acteurs.On passait avec délice de l’humour au sérieux, de la colère à la tendresse, du charme de la musique au cliquetis des armes, des dialogues en anglais aux airs en créole, des analyses économiques aux franches rigolades d’un peloton en cours de formation, de la colère argumentée d’un père à l’indignation compréhensible du fils, d’un cours de violon à quelques pas de menuet… pas une minute de perdue dans cette vie si exaltante du Chevalier de Saint-Georges.
Mais Saint-Georges c’est aussi la musique et Jean-Gabriel LOUWERSE, Directeur de l’Ecole de Musique de Saint-Yorre a su avec efficacité orchestrer les œuvres choisies par la Principale et le Président des « Amis de Joseph Bologne », œuvres les plus appropriées aux circonstances. L’ouverture de l’Amant anonyme lançait le spectacle et revenait en leitmotiv. Les comptines en créole accompagnaient délicieusement la partie bucolique de la pièce débutant dans les hauteurs du Baillif en Guadeloupe. Les romances de Saint-Georges complétaient le programme qui se poursuivait par deux très beaux solos au violoncelle et à la flûte. Enfin la voix off du chevalier terminait le spectacle, délicatement accompagnée par le célèbre Adagio pour piano de Saint-Georges.
Il eut été impardonnable d’évoquer Saint-Georges sans présenter ses amis escrimeurs. Les spectateurs ont été alors éblouis par le talent de Brigitte Tillier, Professeur d’EPS au Collège des Célestins et championne de France d'escrime artistique qui régla avec brio des assauts menés par ses tous jeunes élèves encadrés par des escrimeurs plus aguerris.
Bravo à nos amis de Saint-Yorre et de Baillif de s’être lancés un tel défi qui étonne et charme, et d’avoir si bien réussi à jouer Saint-Georges.
Jouer la musique de Saint-Georges : toute la musique de Saint-Georges… aussi bien les concertos que les quatuors… aussi bien les airs d’Opéra que les Romances…
Jouer l’escrime de Saint-Georges : et grâce à un extraordinaire professeur d’escrime artistique on revit les gestes qui ont permis à Saint-Georges d’être sacré « Dieu de Armes ».
Mais aussi jouer l’histoire de Saint-Georges en faisant revivre des scènes qui nous ramènent dans ce siècle des lumières et des horreurs de l’esclavage.
Et ce triple défi a été magnifiquement relevé par des élèves enthousiastes au possible… autour d’eux un corps d’enseignants dévoués ne rechignant pas à la tâche, peu regardant des heures supplémentaires, inventifs pour palier les multiples obstacles qui se dressent dès lors que l’on sort des sacro saintes habitudes du ministère… des enseignants qui ont su traduire dans leurs actions pédagogiques le moindre mot, la moindre scène de la vie de Saint-Georges. Alors ce spectacle aura mérité mille fois la « Standing Ovation » d’un public conquis… et tour à tour voici nos brillants acteurs revenant sur scène au son d’un clavecin égrenant les notes éternelles de l’adagio… La voix de Saint-Georges s’élève, dans le noir, chaude et enveloppante pour rappeler que ce spectacle n’est pas gratuit… il va dans le sens de l’histoire de notre pays pour permettre des échanges plus profonds entre les uns et les autres…
Mais ces élèves savent ce qu’ils doivent à leurs professeurs et spontanément ils vont les chercher pour les mener sur la scène afin de recevoir l’hommage de toute une communauté fière du travail du beau travail accompli. Aujourd’hui que tous les éléments du puzzle sont enfin regroupés, on ne peut que s’étonner de l'énergie déployée par tous et chacun… tout semble aujourd’hui si facile… aménager les emplois du temps annuels du collège, réserver une salle, prévoir les transports, trouver des costumes, transcrire la musique, monter un orchestre, organiser deux chœurs d’enfants, mettre en scène des assauts d’escrime, réunir la bibliographie, choisir les thèmes, écrire une pièce de théâtre, la présenter aux enfants, rechercher des partenaires, les convaincre, les motiver, coordonner l’ensemble des actions, les entraîner dans cette folle aventure… et… mon tout aujourd’hui est un merveilleux spectacle qui ne demande qu’à se déplacer en Guadeloupe pays de Saint-Georges.La suite sera de toutes manières des plus intéressantes, puisque le CRDP de Clermont-Ferrand a accepté de publier un document relatant cette aventure et accompagné d’un DVD produit par la classe de 1ère à option CAV (cinéma-audio-visuel) du Lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand.

Non ! il ne s’agit pas de la pierre tombale de Saint-Georges.
Mais celle supposée de Louis XVII mort à la prison du Temple.
Cette pierre se trouve dans le cimetière de l’Eglise Sainte-Marguerite
qui concerne directement le Chevalier.

Eglise Sainte-Marguerite, Rue Saint-Bernard Paris XIème.
Splendide découverte de Monsieur Pierre BARDIN à qui nous ne pouvons que rendre hommage pour le travail de fourmi qu’il a accompli à la recherche de Saint-Georges.
Nous avions admiré son ouvrage. Aujourd’hui nous apprécions à sa juste valeur cette découverte. Et pour couronner le tout, les vrais amis de Saint-Georges se félicitent à tour de rôle de cette belle découverte
"Le présent ouvrage était déjà paru lorsque nous fîmes une découverte étonnante dans les archives de la police en tentant de retrouver le parcours de quelque uns de ceux qui s’engagèrent dans la « Légion des Américains et du Midy ».
Le commissaire de police de la Section de Montreuil est de permanence le duodi 22 Prairial de l’an 7 (10 juin 1799), lorsque à huit heures du soir, il voit entrer quatre personnages à la mise soignée, qui viennent déposer une requête après avoir décliné leur identité. Le premier à se présenter est le citoyen Jean-Pierre GOMARD, professeur en fait d’armes, demeurant rue du Bout du Monde, n° 18, Division de Brutus. Le second, le citoyen François Philibert MENISSIER fils, professeur en fait d’armes demeurant rue Neuve Sainte Eustache n°12, Division de Brutus, puis le chef d’escadron Charles François TALMET, du 9ème Régiment de Hussards demeurant à Monceaux près Paris, canton de Clichy, enfin le citoyen Pierre Nicolas BEAUGRAND, employé en retraite (il fut chef de bureau à l’Assemblée Nationale) demeurant à Paris rue Neuve des Petits Champs, n°16, Division de la Butte des Moulins. Tous déclarent «que le citoyen Joseph Bologne dit Saint George, chef de brigade du treizième régiment de chasseurs à cheval, est décédé d’aujourd’hui à une heure de relevé, rue Boucherat N°13, division du Temple et enregistré à la municipalité du sixième arrondissement, son corps ayant été porté aujourd’hui dans une bière au Temple de la Liberté et de l’Egalité du huitième arrondissement. Comme les déclarants ont connu parfaitement le défunt, qu’ils étaient étroitement liés d’amitié avec lui, désirent exhumer le corps du dit défunt pour le mettre dans un cercueil de plomb. Ils se sont donc présentés devant nous à l’effet de pouvoir parvenir à remplir l’exécution de leurs sentiments, si toutefois rien n’est contraire au principe des lois, affirmant le tout pour être sincère et véritable et ont signé avec nous après lecture faite :
GOMARD - BEAUGRAND - TALMET chef d’escadron - MENESSIER fils - PILLECAT commissaire de police.
Une expédition sera faite et transmise à l’administration centrale et municipale à l’effet de statuer à cet égard ce que de droit.
Cette découverte nous permet donc d’affirmer, et contrairement à ce qui a souvent été répété, que Saint George n’est pas mort seul, abandonné, puis oublié. Les personnes qui se présentent sont, nous semble-t-il, mandaté par un groupe d’amis, parmi lesquels des maîtres d’armes comme le démontre la présence de deux de ces maîtres les plus en vue. Cette démarche exceptionnelle montre l’immense respect que nombre de personnes portaient à cet homme en ne voulant pas que son corps disparaisse dans un lieu commun, mais pouvoir le conserver dans ce cercueil de plomb et le transporter dans un endroit plus approprié. Cette découverte permet enfin de connaître le lieu où Saint George fut inhumé. En effet le « Temple de la Liberté et de l’Egalité » n’est autre que l’église Sainte Marguerite, débaptisée comme nombre d’églises à cette époque. Elle existe toujours rue Chanzy dans le 11ème arrondissement, le cimetière attenant était l’un des plus importants de Paris. L’exhumation souhaitée a-t-elle été accordée ? On peut le supposer, mais une fois encore les documents font défaut disparus comme des millions d’autres dans les incendies qui accompagnèrent la répression de la Commune lors de la semaine sanglante de mai 1871."
Documents consultés : Archives de la police – Aa 173. Section de Montreuil
P.V. des commissaires de police.
Chapeau ! Monsieur BARDIN.
Rappel :
Pierre Bardin a effectué toute sa carrière professionnelle, radiophonique et télévisuelle Outre-Mer A Tanger à
la station Radio-Africa Maghreb, puis à Radio Brazzaville, avant de s’occuper des services artistiques de Polynésie, Guyane et Guadeloupe, tant à FR3 qu’à R.F O. Ses différents séjours lui ont permis de connaître et de comprendre l’Histoire commune, souvent violente, de peuples venus de gré ou de force d’horizons divers, construire un monde nouveau d’où des hommes exceptionnels allaient surgir Le Chevalier de Saint George est de ceux-là.
Jean-Claude HALLEY