PRESENTATION DU LIVRE POUR ENFANTS
le Chevalier Saint-Georges - Edition 2006

La naissance de Joseph BOLOGNE : L'histoire de Joseph commence en 1745

C'est le 25 décembre 1745 que naît, sur les hauteurs du Baillif, à Saint-Robert près de Basse-Terre en Guadeloupe un garçon que l'on nomme Joseph.

Ses parents eux aussi sont nés en Guadeloupe. Anne sa maman, surnommée Nanon, est une esclave d'origine africaine. Elle est née au Grand-Cul de Sac marin de la Guadeloupe vers 1721. Georges Bologne, son papa, d'origine européenne est propriétaire de vastes plantations. Il est né à Basse-Terre en 1711. Il possède des esclaves et parmi eux Anne, la maman de Joseph

La vie en Basse-Terre : Le rôle d'une maman

Joseph vit ses premières années dans les champs de canne et de café sous la protection de sa maman et le regard attentif de son papa.

La traversée de l'Atlantique : Un long voyage de six semaines

Georges Bologne, le papa de Joseph, est obligé brusquement de quitter la Guadeloupe. En effet, il craint d'être pendu pour s'être défendu des attaques de Jean-Hugues Le Vanier de Saint-Robert, son cousin ivre ce soir là et qui mourut trois jours après d'une blessure au nez.

Il s'enfuit sur un voilier à destination de Bordeaux, avec Nanon et Joseph qui a trois ans, afin de leur éviter d'être revendus. Selon le Code Noir, si Georges Bologne est condamné, sa propriété sera mis en vente en même temps que ses esclaves.

Bordeaux et Angoulême : Joseph et sa maman découvrent un autre monde

A leur arrivée à Bordeaux, Joseph, Nanon et Georges sont accueillis par Pierre Bologne, le frère de Georges, qui les reçoit dans sa maison à Angoulême. Pierre est un homme sensible qui compose des poèmes, mais c'est aussi un homme influent. Il est Conseiller du Roi de France Louis XV. Il va donc demander pour son frère Georges la grâce royale, puisque celui-ci, a été condamné par le « tribunal civil et criminel de l'Isle de la Guadeloupe » à la pendaison et à l'étrangement sur la place de Basse-Terre.

Pendant presque deux ans Joseph vit donc en France.

Joseph revient en Guadeloupe : De nouveau une longue traversée

Georges Bologne obtient la grâce du Roi de France. Il ne sera donc pas pendu ! En septembre 1749 il embarque à Bordeaux à destination des Iles d'Amériques, toujours accompagné de Nanon et du petit Joseph. Après un long voyage sur l'atlantique, Ils retrouvent tous les trois l'ambiance de la plantation à Baillif. Joseph a maintenant 4 ans.

Joseph repart pour la France : ll sera bientôt rejoint par ses parents

En 1753, Georges Bologne décide d'emmener son fils en France afin qu'il reçoive la meilleure éducation possible. Sur le bateau on note la présence des cousines de Joseph, les demoiselles Mérican.

Joseph a huit ans. Il traverse l'Atlantique pour la troisième fois à bord d'un grand voilier. Nanon ne peut supporter cette séparation. Dix-huit mois plus tard, elle arrive à son tour à Bordeaux. On peut imaginer la joie des retrouvailles.

Les premières années à Paris : La guerre de sept ans

C'est le début d'une guerre entre la France et l'Angleterre qui sera connue sous le nom de « la guerre de Sept ans ». Le retour en Guadeloupe devient impossible en raison du blocus. Georges s'installe à Paris, et obtient la charge de « Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi ».

Une éducation aristocratique : Chez Monsieur de la Boëssière

Georges BOLOGNE confie son fils à Monsieur Texier de la Boëssière, l'un des maîtres d'armes les plus connus de Paris.

Joseph commence ainsi son éducation de gentilhomme. Monsieur de la Boëssière se charge de lui apprendre tout ce qu'un jeune aristocrate doit savoir : les lettres, les sciences, les langues étrangères, la religion et avant toutes choses le maniement des armes.

Le maniement des armes : L'escrime et l'équitation

Joseph est mis en pension, comme élève, à l'académie royale d'armes du maître La Boëssière.

Joseph se rend chaque jour à la salle d'armes rue de Saint-Honoré. Il fréquente aussi le manège des Tuileries où le Chevalier DUGAST lui apprend l‘art de l'équitation.

Un défi relevé : La victoire contre PICARD

Joseph n'a pas encore achevé son cycle complet d'études chez Monsieur de la Boëssière, quand un maître d'armes de Rouen, un certain PICARD, agacé par la renommée grandissante de Joseph à l'escrime, le défie au fleuret. Joseph est encouragé à relever le défi par son père qui promet de lui offrir, s'il gagne, une jument attelée à un cabriolet. Joseph remporte la victoire, la jument et le cabriolet.

L'apprentissage de la Musique : Joseph devient un virtuose du violon

Georges ne néglige rien pour développer les talents de son fils Joseph. Il lui fait donner des leçons de violon par les plus grands maîtres de l'époque, Pierre Gaviniès le bordelais, et Lolli l'Italien. Il devient rapidement un virtuose et un soliste recherché.

Joseph est invité à jouer de la musique avec la reine Marie Antoinette.

L'art de la composition : Joseph apprend l'art de la composition

Joseph, montre aussi des dispositions remarquables pour composer de la musique. Son professeur est François Joseph GOSSEC qui dirige « Le Concert des Amateurs ». Au début, Joseph n'est qu'un musicien parmi les autres. Il deviendra ensuite le premier violon de l'orchestre puis sera invité à jouer ses propres concertos en qualité de soliste.

Joseph devient Chevalier : Joseph entre dans la Compagnie des Gendarmes du Roi

Joseph s'adonne pleinement à de nombreuses activités, déployant tous ses talents, aidé aussi par une rente de 7 000 livres que lui assure son père ; il excelle dans tous les sports, appelés alors « exercices du corps » : la natation, le tir au pistolet, la danse. Alors qu'il est encore élève chez Monsieur de la Boëssière, en 1961, le Roi Louis XV le fait nommer Gendarme de sa garde. Cette distinction lui permet dorénavant de porter le titre de Chevalier.

L'adieu du père : Georges retourne en Guadeloupe

La guerre de 7 ans est maintenant terminée. La France par le traité de Paris signé le 10 février 1763, recouvre la Guadeloupe et la Martinique et cède le Canada à l'Angleterre. Georges retourne en Guadeloupe pour s'occuper de ses plantations. Joseph ne reverra plus son père qui meurt le 26 décembre 1774 au Baillif.

A cette peine s'ajoute une préoccupation financière ; Joseph ne percevra plus la rente de 7 000 livres que lui versait son père ; fils d'esclave il ne peut prétendre à hériter de son père. Cette somme servira de dot à Bénédicte sa demi-sœur qui est la fille de Georges Bologne et Elizabeth MERICAN son épouse depuis le 8 septembre 1737.

Georges Bologne de Saint Georges, Gentilhomme Ordinaire de la Chambre du Roi, est enterré dans l'église du Baillif du coté droit de la nef, au dessous du premier banc, près du bénitier.

Direction d'Orchestre : Une technique de conduite qui fait autorité

Joseph doit dorénavant subvenir lui même à ses propres besoins. Il ne fait plus de la musique uniquement pour son plaisir. Il reçoit maintenant un cachet pour diriger le « Concert des Amateurs » l'un des premiers orchestre d'Europe. C'est un chef très apprécié.

La vie à Paris : Au service de Madame de Montesson, épouse du Duc d'Orléans

Joseph, connu désormais de tous sous le nom de Chevalier de Saint-Georges, devient l'un des personnages les plus appréciés de la vie parisienne. Il est recruté comme Directeur du Théâtre de Madame de MONTESSON. Il est aussi lieutenant de chasse du Duc d'Orléans.

Joseph est passionné de théâtre. Il écrit et fait jouer plusieurs opéras comiques dont ERNESTINE, tiré d'un roman publié par Mme Riccoboni douze ans auparavant, « Histoire d'Ernestine, ou les Malheurs d'une jeune orpheline » . Le librettiste de cet Opéra est un ami de Joseph, Pierre Choderlos de Laclos qui deviendra plus tard un grand écrivain.

Le placet à la Reine : Scandale à l'Opéra de Paris

Saint-Georges brigue la direction de l'Opéra de Paris avec l'assentiment de la reine Marie Antoinette. Trois chanteuses de l'Opéra, Sophie ARNOULD, La LEVASSEUR et La GUIMARD ne l'entendent pas de cette oreille. Elles adressent une demande à la reine lui faisant savoir que « leur honneur et la délicatesse de leur conscience ne leur permettraient jamais d'être soumises aux ordres d'un mulâtre ».

Saint-Georges n'obtiendra pas cette direction, mais aucun directeur ne sera nommé.

Londres : L'assaut de Carlton House

Joseph remporte aussi des succès en Angleterre où il est invité par son ami Henry ANGELO, maître d'armes italien, installé à Londres.

A Londres, Joseph se mesure aux meilleurs escrimeurs anglais et étrangers. Il dispute, le 9 avril 1787, un assaut contre le chevalier d'Eon, un redoutable escrimeur, en présence d'un public prestigieux dont le Prince de Galles, futur Roi d'Angleterre.

Il profite aussi de son passage à Londres pour apprendre le maniement du sabre.

La lutte contre l'esclavage : Vers la première abolition de l'esclavage

Saint-Georges entre en contact en France avec Brissot de Varville qui est sur le point de fonder la « Société des Amis des Noirs » (1789). Il rencontre aussi en Angleterre les chefs du mouvement anti-esclavagiste du Parlement Anglais.

Ces actions s'ajoutent à toutes celles qui sont menées en France et dans les Isles d'Amérique. Elles aboutiront en 1794, sous la première république, à la première abolition de l'esclave.

La Révolution : La prise de la Bastille

En France c'est la Révolution. Les Français ne veulent plus de roi. Saint-Georges qui résidait en Angleterre, rentre en France. Il renonce momentanément au fleuret et à l'archet pour prendre l'épée ; c'est avec l'épée que l'on se bat contre les ennemis. Et la France a des ennemis.

Lille : Le musicien militaire

Joseph se rend à Lille. Il est le tout premier à s'inscrire dans la « Garde Nationale » de Lille comme soldat. Il est très vite promu Capitaine, et prend part à la défense de la ville contre l'armée de la Coalition.

Mais Saint-Georges n'oublie pas pour autant l'escrime et la musique. Il donne des concerts, et des spectacles, dispute des assauts au fleuret. Il compose et fait jouer son opéra «Guillaume tout cœur».

La Légion Saint-Georges : Joseph participe à la défense de la patrie

Le 7 septembre 1792, une délégation d'hommes noirs et métis conduite par Julien RAYMOND, député de Saint-Domingue, se présente à l'Assemblée Nationale pour offrir à la patrie le soutien des hommes de couleur. Le lendemain l'Assemblée décrète la formation d'un corps de troupes légères et désigne Saint-Georges comme Chef de Brigade de ce régiment. Cette « légion franche de cavalerie des Américains et du Midi » deviendra ensuite le « 13ème régiment des chasseurs à cheval » mais fut bientôt connue comme la « Légion Saint-Georges ».

Joseph prend part à la campagne de Belgique. Il a comme lieutenant-colonel Alexandre DUMAS qui est le fils d'une esclave de Saint-Domingue Cécette DUMAS et de Davy de la PAILLERIE, un français, propriétaire de plantation. Alexandre deviendra plus tard un des Généraux de Napoléon. Il est le père de l'auteur des « Trois Mousquetaires ».

Saint-Georges refusera de suivre le Général DUMOURIEZ dans sa trahison quand il a rallié les rangs autrichiens. Il reviendra du front, ventre à terre, prévenir le commandant de la place de Lille du danger et sauvera ainsi cette place forte menacée par les armées des coalisés.

La prison : Saint-Georges risque la guillotine

Malgré ses actes de bravoure et ses preuves d'attachement à la République, sur une fausse accusation, Saint-Georges est arrêté incarcéré comme suspect politique. C'est l'époque de la Terreur. Il est destitué de son commandement et emprisonné. Les hommes de couleurs de son régiment sont transférés dans d'autres unités. Il risque d'être condamné à mort et de passer sur l'échafaud. Du fond de sa prison il écrit une lettre au Ministre de la Guerre BOUCHOTTE pour demander les raisons de son enfermement.

Il se défend, plaide sa cause et affirme ses convictions républicaines. Il sera libéré au bout de 18 mois d'emprisonnement injuste.

La voyage à Saint-Domingue : Saint-Georges apporte son soutien à l'abolition de l'esclavage

Saint-Georges va s'opposer aux anciens propriétaires de plantations qui veulent maintenir l'esclavage. Il défendra l'application des lois de la 1 ère République qui avait aboli l'esclavage de tous les hommes en 1794.

*La fin du Chevalier : Le Chevalier de Saint-Georges meurt à Paris le 10 juin 1799

Saint-Georges revient à Paris en 1797 et devient le directeur de « l'Orchestre de La Loge Olympique ».

Deux ans plus tard, malade, il meurt à Paris dans les bras de son ami Nicolas DUHAMEL, l'un des anciens lieutenants de la Légion Saint-Georges. On ne sait pas où son corps a été déposé

  * des découvertes sur les circonstances de sa mort et son lieu d'inhumation ont été réalisées récemment